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Haut lieu du tourisme, Hammamet a tout de même réussi le tour de force de préserver la beauté de son site. Des collines dénudées vers le nord, des orangers et des oliveraies en toile de fond, un sable fin qui dessine une plage en longue et élégante courbe, des hôtels implantés à 2 pas du sable dans d'immenses jardins, une ville tunisienne authentique gardée par les hauts murs d'une forteresse que les vagues caressent, expliquent le succès de cette station balnéaire qui, en été, accueille des centaines de milliers de touristes.
Avant le grand «rush» des vacances au soleil, elle avait su captiver André Gide, Bernanos, Paul Klee - qui note dans son journal: «la ville prestigieuse, située sur la mer, anguleuse, rectangulaire et encore anguleuse», ainsi que le Roumain Georges Sebastian, dont la mémoire demeure dans la villa qu'il fit bâtir - «la plus belle maison que je connaisse », d'après le grand architecte Frank Lloyd Wright. Au début du siècle, une Europe aisée se fit construire de belles villas blanches à Hammamet. Certaines subsistent, enfouies dans les bougainvillées, à l'ombre des cyprès et des eucalyptus géants. C'est sans doute pour suivre ces modèles de discrétion et de bon goût que les promoteurs et les architectes, chargés d'édifier la quarantaine d'hôtels qui animent la côte, ont le plus souvent joué la carte du décor intégré. Si les touristes, à certaines heures, se remarquent, les hôtels savent généralement se faire oublier.
Quand les hôtels sont complets, la vieille ville, qui accueille des échoppes à souvenirs, des boutiques d'artisanat, des magasins d'antiquités, continue miraculeusement de vivre à son rythme. Près de la Kasba, la grève, indifférente aux activités balnéaires, se remplit durant le jour de bateaux de pêche à la proue élancée dans une lumière vive qui joue avec les embruns brillants.
Hammamet est avant tout adaptée aux plaisirs balnéaires et au repos. La vieille ville, de taille modeste, se parcourt aisément au cours d'une flânerie associant le plaisir du marchandage dans les souks à la déambulation rêveuse dans le dédale des rues tortueuses, Les maisons aux murs blancs, les portes ouvertes sur des cours intérieures, le rituel de l'eau à la fontaine publique, vous offriront les tableaux intimes d'une vie indifférente au rythme de l'extérieur.
L'entrée principale de la médina mène à la rue étroite du souk. Ici, les échoppes regorgent de tapis, d'objets en cuivre et de céramiques en provenance de Nabeul. Cette voie commerçante, où ne circulent que les piétons, semble concentrer sur son axe toute l'activité du quartier ancien. En montant, vous trouverez sur votre gauche, en face des bains turcs, la Grande Mosquée, dont le minaret du XIIe s., a été restauré en 1972. À l'intérieur de la cour, un cadran solaire surélevé indique la direction de La Mecque. À l'arrière plan, à droite, l'ancienne mosquée Sidi Abdel Kader el Jilani, reconstruite en 1978, sert aujourd'hui d'école coranique pour les enfants.
La Kasba, édifiée au milieu du XIIe s. sur l'emplacement d'un fort plus ancien, servit un temps de casernement à la Légion étrangère. Elle offre, depuis le sommet de ses murs, une vue d'ensemble sur les maisons à terrasse de la médina et sur les environs. De ce belvédère, vous pourrez observer les pêcheurs rassemblés sur la plage autour de leurs bateaux et s'affairant à leurs filets. Un charmant café turc est ouvert sur le rempart le plus haut. La cour intérieure est plantée d'énormes tamariniers vers lesquels convergent à la tombée du jour, des centaines d'oiseaux. Elle abrite la tombe modeste d'un saint homme, Sidi Bou Ali. À droite de la porte principale, les deux entrées dans le mur ouest de la médina datent de 1960, lorsque les premiers travaux de restauration furent entrepris. L'une d'elles, près de la Kasba, s'ouvre sur la plage, les barques de pêche, peintes de vert et d'orangé, ainsi que sur la baie. À l'opposé du port de pêche, par rapport à la forteresse, se trouve un site bien protégé de l'agitation touristique. Il s'agit d'un cimetière chrétien, crééen 1881. Les tombes blanches à l'abandon jouxtent le cimetière musulman, interdit à la visite, véritable trait d'union entre la mer et les murs austères de la forteresse.
En 1974, la place du village de Hammamet a été transformée en un centre commercial moderne. À côté, l'avenue Habib Bourguiba monte le long de boutiques, de banques et de bureaux jusqu'à la bifurcation de Nabeul. Au-delà, près de la gare, de style colonial, la route tourne à gauche en direction des hôtels.
Après avoir longé le Sindbad, l'Aladin et le Parc-Plage, l'avenue passe devant la longue façade blanche du Centre culturel international, installé dans la superbe demeure des Sebastian, bâtie dans les années 20. De la route, on peut avoir un aperçu de la luxuriance des jardins, mais la villa reste invisible aux regards curieux. Elle ne s'ouvre au public qu'à l'occasion du festival international. Au-delà, prenez la rue Dag Hammarskjôld, à gauche, pour rejoindre l'avenue des hôtels.
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